Y-a-t’il une recette pour réussir son réseau social ? Une astuce inratable ? Comment être sûr d’avoir tous les ingrédients majeurs et condiments pour relever le tout ?
Notre appétit insatiable pour le web 2.0 et les formidables perspectives qu’apportent les sites communautaires nous poussent à imaginer quel serait LA fonctionnalité majeure, LE petit service plus qui ferait basculer une plateforme de la platitude insipide à l’extase planétaire. Pour autant, se pose-t-on les bonnes questions ? Ne serait-il pas nécessaire de revenir aux bases ?
Il n’y a pas une recette, mais des dizaines, voir des centaines… Pourtant, trois ingrédients majeurs sont indispensables pour bien réussir son réseau social. Ces trois ingrédients sont : le lien social, l’entraide et l’opportunité. Simpliste, me direz-vous ? C’est possible, mais à bien y réfléchir, cette simplicité parait plutôt logique.
Le lien social est la condition sine qua none à la création d’une plateforme communautaire. C’est cette possibilité de rencontrer, retrouver, communiquer avec d’autres personnes que l’on connait ou que l’on ne connait pas. Facebook exploite à outrance cet ingrédient, son existence et son succès sont intimement liés au lien social.
L’entraide est le second ingrédient, c’est elle qui va justifier l’utilisation d’un réseau ou d’une communauté de ressources. Le terme même de communauté de ressources renvoit d’ailleurs principalement à la notion d’entraide. Les forums, réseaux sociaux thématiques, des sites comme Doctissimo, par exemple, sont clairement positionnés sur cet aspect. L’entraide est une composante du lien social qui permet à la fois aux contributeurs de mettre en valeur leurs connaissances et de recueillir ainsi la reconnaissance sociale nécessaire à leur épanouissement, ainsi qu’aux personnes venues chercher de l’information de se rassurer, de se débloquer, d’avancer dans leur projet quel qu’il soit.
L’opportunité dépasse le cadre de l’entraide. On parlera plus ici d’accomplissement, plus souvent lié à des perspectives professionnelles. LinkedIn ou Viadeo exploitent ce besoin d’opportunités, en mettant en relation des professionnels de tous bords pour leur proposer d’échanger de trouver un emploi ou de créer du business.
En choisissant bien la dose de chacun de ces ingrédients, on parviendra à créer un réseau social, une communauté de ressources, un réseau professionnel, une place de marché, une plateforme collaborative ou un intranet social. Il convient évidemment de ne pas se tromper de cible…
A chacun de ces ingrédients, on peut associer un niveau de la pyramide de Maslow : Besoin d’appartenance pour le lien social, besoin d’estime pour l’entraide, ou besoin de sécurité, dépendant du statut de l’utilisateur (contributeur ou aidé) et enfin, besoin d’accomplissement de soi pour l’opportunité. Cette allusion à la pyramide de Maslow n’est pas anodine. Malgré les nombreuses critiques de ce modèle conceptuel, Maslow est l’un des premiers à avoir identifié l’importance de la réalisation d’une série de besoins dans le rapport de l’Homme à la société, pour parvenir à un épanouissement social. Cette méthode permet d’expliquer assez simplement à quels mécanismes les réseaux sociaux font appel pour attirer et retenir leurs utilisateurs car, ne l’oublions pas, leur vocation est de répondre à des besoins sociaux et donc de s’immiscer dans le rapport de l’Homme à la société.
Bien évidemment, on n’envisagera pas un réseau sans thématique et c’est ici l’un des aspects les plus importants. La thématique est la raison d’être du réseau. C’est ce positionnement qui déterminera l’utilisation des ingrédients et leur quantité, c’est également lui qui précisera l’offre de valeur proposée aux utilisateurs. D’autres ingrédients comme l’expérience utilisateur (design, utilisabilité, fonctionnalités…) sont indispensables pour relever le tout.
Mélangez bien et, avec un peu de chance, vous obtiendrez un bon projet.
Ce projet, il faudra ensuite le monétiser. Certains verront ici arriver le loup aux longues dents, celui qui veut faire du social un business rentable. Ce n’est pourtant pas le cas, car ne perdons pas de vue que gérer un réseau social, c’est du travail, et même beaucoup de travail. c’est d’ailleurs l’un des freins les plus importants à la création de plateformes sociales au sein d’organisations en tout genre. Monétiser veut dire faire accepter aux utilisateurs soit de payer, soit d’être confrontés à l’apparition de messages publicitaires ou à la présence d’entreprises de services ou de biens de consommation au sein du réseau.
Les vecteurs de monétisation sont nombreux mais le business model d’un réseau n’est pas aisé à concevoir. L’expérience client en dépend et, dans un contexte concurrentiel, c’est elle qui fait la différence.
Enfin, the last but not the least, la gestion. Gérer un réseau social, ce n’est pas une chose aisée. Un succès durable dépendra de la persévérance du gestionnaire à animer, impliquer les utilisateurs, favoriser et catalyser les échanges, communiquer et faire parler de son réseau et enfin, offrir un service stable et performant à ses utilisateurs.
Et vous ? Quel est votre projet de réseau social ?
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