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Non, je ne suis pas une « pute sociale »

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Ceci n’est ni une citation de Britney Spears ou autre icône ou starlette glamour du moment. C’est plutôt la matérialisation d’un droit de réponse à cet article intitulé « Pourquoi Facebook va transformer l’individu en pute sociale« ,  de même à tous ceux qui stigmatisent l’usage des réseaux sociaux, personnifiés par le sulfureux Facebook.

Ce pamphlet, teinté de vitriol, écrit avec un certain panache et un sens de la tournure certain, porte à réfléchir sur les usages actuels en termes de socialisation. Il semble pourtant incongru, à l’heure actuelle de tirer à bout portant sur des comportements que l’on ne n’intègre pas, soit par peur, soit par manque de compréhension, alors que ceux-ci sont très largement partagés dans le monde entier.

Pourquoi ne devenons nous pas des « putes sociales »

L’histoire de l’humanité a commencé par la constitution d’un réseau. Plus ou moins étendu, plus ou moins pacifique. Un réseau, c’est des contacts, des échanges, du partage, de l’entraide. C’est des personnes, en relation les unes avec les autres. Ce type de relations est donc inscrit dans nos gènes, c’est grâce à lui qu’a toujours fonctionné la société.

Or, il apparait que l’évolution de la société, des conditions de vie, l’urbanisation, l’individualisation a rendu obsolète une partie de nos outils relationnels. La création du téléphone, celle d’internet, viennent remplacer ces outils pour nous permettre de garder, d’enrichir le contact avec nos relations. Le réseau relationnel proche peut ainsi être préservé, reste les liens faibles.

Ces liens qui, à une certaine époque, pouvaient être conservés en se rendant au village, au bar habituel, aux réceptions ou autres endroits de socialisation, ont la vie dure à présent que l’individu devient nomade. Rappelons-le, ce nomadisme nous vient de l’exode rural et s’amplifie au fur et à mesure que nous évoluons, soit pour des raisons politiques, professionnelles ou familiales, soit par goût de la découverte.

Facebook et les autres réseaux sociaux viennent donc combler ces lacunes en superposant à la réalité de la mondialisation la constitution d’un village virtuel ou l’on peut retrouver ses amis ou contacts.

Comme dans la vie réelle, des comportements asociaux, stupides, voir débiles ou dangereux sont monnaie courante. Pourquoi feindre de découvrir un phénomène qui existe depuis des siècles en stigmatisant son vecteur de diffusion ? C’est un peu la stupeur d’une poule qui voit un oeuf… Non ?

Exhibitionnisme 2.0 ? Je ne pense pas et, quoi qu’il arrive, ce comportement existe depuis la nuit des temps, Adam et Eve se baladaient bien à poil avec des feuilles de vigne et Facebook n’a rien inventé.

Voyeurisme 2.0 ? Je ne pense pas non plus, on a pas attendu Facebook pour créer Closer ou regarder par la fenêtre pour voir passer les gens.

La cellule sociale telle qu’elle était il y a quelques décennies permettait à l’individu de se positionner dans un microcosme social, parce qu’il était vu et reconnu par ses pairs, mais aussi parce qu’il les connaissait lui même, qu’il les voyait évoluer. L’exhibitionnisme et le voyeurisme ne sont que l’exagération à l’extrême du phénomène de reconnaissance sociale.

Pourquoi les réseaux sociaux sont nécessaires

Les réseaux sociaux, s’ils permettent ce type de comportements plus visibles que les autres, permettent également à des gens plus discrets de s’épanouir en gardant le contact avec les personnes qu’ils apprécient ou ont appréciées et de suivre leurs actualités. Le dialogue reste possible avec les personnes qui sont dans notre entourage, qui sont visibles, même numériquement.

Comme le dit si bien cet article intitulé « Le (petit) secret des réseaux sociaux » le secret des réseaux sociaux, c’est qu’ils permettent d’aider son voisin. L’entraide est le ciment social. C’est en partie ce qui permet à la société d’évoluer, de prospérer, de s’épanouir. Le réseau social vient fournir, là où il n’y en avait plus, la proximité nécessaire à la catalysation de l’entraide, du lien social.

Certes il y a des problèmes, certes il y a des polémiques, certes tout n’est pas parfait comme on le souhaiterait, mais la critique stérile n’a jamais fait avancer les choses et je pense que si nous devions être des « putes sociales » nous le serions depuis le départ, et comme l’homme descend du singe (et que le singe descend de l’arbre), ça fait bien quelques centaines de millions d’années. Pas de quoi s’offusquer, même si le talent d’écriture et l’humour de l’auteur font largement passer l’inutilité de sa critique.

Facebook symbolise à mon sens la redécouverte du lien social riche, c’est à dire à plusieurs niveaux (fort, faible et temporaire). C’est l’avènement du village monde qui permet à chacun de conforter son existence sociale. Si Facebook est au réseau social ce que le télégramme est au téléphone, il n’en reste pas moins une évolution majeure dans les usages modernes. Redécouvrons donc la convivialité.

4 commentaires sur “Non, je ne suis pas une « pute sociale »” :

  1. Benj dit :

    Quelle vision idéaliste des réseaux sociaux… le nouveau « village virtuel » ? Question de point de vue : n’est-il pas une cause (ce village virtuel) de la raréfaction des véritables liens sociaux plutôt qu’une de ses conséquences que vous attribuez entre autre au phénomène d’exode rurale ?

    L’article auquel vous répondez n’est pas une « critique stérile », mais plutôt une regard différent – certes un peu acerbe – sur le « phénomène Facebook »… un regard qui met en évidence les déviances comportementales provoquées par la structure de l’outil en lui-même.

    Selon vous, il est aujourd’hui impossible de tisser du lien social sans ces outils ? Voyez-vous Facebook comme le palliatif idéal à l’enfermement et à la dé-socialisation de l’individu dans notre société moderne et mondialisée ? Quand on voit la nature des échanges sur Facebook, qui pour grande majorité sont complétement égo-centrés et dénués du moindre intérêt pour le « réseau », on est en droit d’en douter.

  2. [...] This post was mentioned on Twitter by Helia, LAURENT Antoine, Olivier Leroy, Nicolas Marx, Paris Labs and others. Paris Labs said: Nouvel article : Non, je ne suis pas une "pute sociale" http://www.parislabs.net/news/non-je-ne-suis-pas-une-pute-sociale/ [...]

  3. Nicolas MARX dit :

    Merci pour votre commentaire, c’est effectivement une question de point de vue. Je pense que ce type de critiques relèvent du syndrome de l’age d’or, comme nos grand parents qui nous expliquent que tout était tellement mieux avant, tellement plus facile (en somme tellement plus compréhensible). Facebook n’est pas une cause mais une conséquence. D’ailleurs, son succès le prouve, si le lien social était idéal avant, Facebook n’aurait jamais eu ce succès planétaire.

    Vous dites que l’outil provoque des déviances comportementales mais n’avez-vous jamais écouté les discussions et conversations des gens qui vous entourent ? Si celles ci sont toujours instructives pertinentes et intelligentes, je vous félicite, vous vivez dans un monde de rêve. Pour ma part, je suis assourdi par la futilité, l’absurdité, et parfois le néant intellectuel. L’humour, parfois utilise ces choses comme figure de style. Il faut savoir le discerner.

    Je pense que vous accordez trop d’importance à l’outil, qui n’est jamais qu’un outil. L’usage qu’on en fait peut être déviant mais cela ne vient pas tant de l’outil que de celui qui s’en sert. Des gens font des choses merveilleuses (cuisine) ou horribles (meurtre) avec des couteaux, on a jamais fait un procès au couteau ! Ni à son créateur d’ailleurs !

    Je ne dis pas qu’il est impossible de tisser du lien social, je dis qu’il est difficile de le maintenir et de l’enrichir. Je dis que la société actuelle pousse vers l’individualisation là ou l’individu est en quête de communautaire. Je ne pense pas que Facebook ait inventé la bêtise, ni qu’il la mette au grand jour, je pense que les gens devraient s’abstenir de les lire si ça ne leur plait pas. Le monde est plein d’échanges stériles, la vie réelle n’est pas gage de profondeur et d’intelligence.

    En somme, pourquoi stigmatiser Facebook ? La société est telle qu’elle est et les gens intelligents et profonds sont aussi sur Facebook. Ils se font peut être moins remarquer.

  4. Teamkadeal dit :

    RT @ParisLabs: Nouvel article : Non, je ne suis pas une « pute sociale » http://www.parislabs.net/news/non-je-ne-...

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